Un peu d’histoire

Notre région « Le Pays de Lyons » fût très riche en faits historiques :

Les Romains y furent de passage. Dans le « Bout de Bas », un village Gallo-Romain s’y installa au bord de la Lieure ; un Théâtre rural y fût mis à jour par des particuliers qui exhumèrent également une très riche collection d’objets de cette époque et dans la forêt, une portion de la route gallo-romaine Rome- Beauvais dans la « Cavée » fut découverte aussi. A l’époque médiévale, Lyons abritait un château Fort en son centre, ce qui explique les constructions de la Place érigées en cercle autour de la motte féodale. Guillaume II de Normandie dit le bâtard (1027-1087) devenu le Conquérant en 1066 vint souvent aux Andelys dans son Château-Gaillard. Mais il ne fût pas le seul de nos rois ; on sait que certains y firent plusieurs séjours : Philippe II dit Auguste (1165-1223), Louis IX ou Saint-Louis (1214-1270) ou Philippe III dit Le Bel (1268-1314).

Pour preuve que notre « Pays de Lyons » fut si important qu’il en fût Royal, au Château de Fontainebleau, dans la galerie des Cartes fût peint au milieu d’autres, un Plan mural de Lyons entouré de sa forêt, dont les lieux-dits de l’époque de Charles IX nous ont suivi jusqu’à ce jour : nous reconnaissons encore ceux du Val aux Anes, de L’Homme Mort etc…etc… La forêt, domaine royal, y vît régulièrement les chasses de nos rois, jusqu’au dernier Duc de Penthièvre (1845-1919) fin XIXème. Lyons était un de leurs titres.

Dans la plaine d’Ecouis, à 12 kms, la bataille de Brémule (1119) lors des batailles Féodales où Louis le Gros vaincu laissait la Normandie aux mains des Anglais… qui y revinrent en pacificateurs… parachutés pendant la dernière guerre. Lyons et ses environs furent également, un terrain de bombardements et de Résistance : boites aux lettres, parachutages ; entre autres, Pierre Brossolette put se réfugier chez et grâce au pharmacien dans l’actuelle officine, des officiers anglais à l’Abbaye de Mortemer en forêt à 6 kms. Celle-ci se visite : voir La légende de la Dame Blanche…qu’il n’est pas bon de côtoyer ! attention à vous !!!

Personnalités Lyonsaises

Lyons fût habité par un grand nombre de gens illustres de toutes disciplines. Poètes, musiciens curieusement beaucoup, peintres, décorateur, chercheurs, archéologues amateur ou professionnel, aéronaute ou astronome…
Dans la famille « musiciens » je demande… :
Lyonsais par sa famille, Paul Marinier (Rouen 1866-Lyons 1953) écrivit de ravissantes chansons, chantées entre autres par Yvette Guilbert ou Maurice Chevalier (« Le soleil a rendez-vous avec la lune ») ? Il habitait avec ses deux sœurs, rue du « Trou-Grenu»!
Maurice Ravel (1875-1937), termina en 1917 dans une maison amie (qui se trouve actuellement place du Monument aux Morts,) la fin de son triptyque pour piano, « Le Tombeau de Couperin » et en 1922, y orchestra « Les Tableaux d’une Exposition » que Modest Moussorgski avait composé pour le piano en 1874.
Puis avec sa famille, qui le connu alors, la pianiste Monique de La Bruchollerie (1915-1972). De sa plus tendre enfance jusqu’à sa mort elle habita dans diverses maisons, « Le Vieux Logis » étant celle dans laquelle elle passa la plus grande partie de sa vie. Elle s’y maria en 1943.
Pendant la guerre de 39-45 le chanteur Gérard Sousay s’y arrêta quelques temps à la « La Fontaineresse » au bord de la Lieure.
Après la guerre, le pianiste–compositeur Georges van Parys (1902 +1971) avait une maison en face de ce qui est maintenant le Foyer Rural de Lyons. Curieux clin d’œil de la vie, cette maison fût rachetée par Monique de La Bruchollerie qui l’avait bien connu. Elle y passa les deux dernières années de sa vie…
La peinture fût aussi représentée…
Dans cette région qu’aimaient tant les Impressionnistes, Camille Pissaro (1830+1903) acheta dans le « Bout de bas », et demanda à son parrain  Claude Monet de lui dessiner son  jardin (propriété privée).
A 15Kms. Bernard Buffet s’installa au château de Saint-Crépin.

Quant à la décoration,
Jacques-Emile Ruhlmann (1879+1933) décorateur-ensemblier, admiré entre autres pour ses meubles encore très en vogue, élu le domicile baptisé « Les Terrasses » sur les hauteurs de Lyons.

D’autres personnalités établirent aussi leur domicile à Lyons. La famille alsacienne Dollfus, arrivée toute fin XIXème. Ils étaient trois frères. L’aîné, Jean, fût peintre et cartographe ; on lui doit la très jolie carte de la forêt, toujours d’actualité. Le second , Charles, fondateur du Musée de l’Air, fût un aéronaute renommé. Il monta en ballon à 14.000 mètres d’altitude pour étudier Mars en 1959, avec son fils Audouin, lui-même astronome réputé. Le troisième, Marc-Adrien, ophtalmologue, fût reconnu pour ses recherches sur l’opération du décollement de la rétine et le cancer oculaire des enfants. C’est lui qui « trébucha » un jour dans son jardin sur ce théâtre gallo-romain. Il hésita…sera-t-il archéologue ou médecin ?… mais le rêve du père ne se perdit pas, sa dernière fille pris la relève … archéologue, elle fit de très intéressantes découvertes. Le petit-fils de Marc-Adrien, chercheur en neurologie, participe à l’avancée des savoir sur l’AVC. Une fille de Jean épousa l’écrivain Antoine Blondin qui habitait alors un des hameaux de Lyons continuant ainsi à tracer le sillon de Benserade. L’Ecriture fût donc représentée à Lyons par deux fois.
Toutes les branches de cette famille vivent encore à Lyons.

Comme le beau attire toujours le mieux, tout cet apanage de personnalités si diverses, conjuguées aux vieilles familles rurales sans lesquelles Lyons ne serait pas, tissèrent au fil du temps cette atmosphère si particulière à Lyons, faite de charme et d’intemporel et ensemble, ils contribuent toujours à forger le creuset de l’âme de ce vieux village moderne et hors du temps.